S’amuser, c’est sérieux

Don Ramsey, directeur de la Post-Production chez Spiria, croit fort aux vertus des activités collectives hors du bureau et en organise régulièrement avec son équipe. Il prend le fun très au sérieux et partage ici son retour d’expérience.

L’observation du comportement des gens en dehors du cadre du travail, quand ils n’ont pas des choses à faire, qu’ils ne seront pas virés s’ils n’en font pas, montre le vrai caractère des gens. C’est un peu comme la différence de comportement d'une personne selon qu’elle soit seule ou en présence d’autres personnes.

Se lier avec ses collègues peut sembler un acte banal, mais de fait, plus on voit les autres dans des scénarios différents et des situations inhabituelles, mieux on apprend à les connaître, mieux on peut prévoir leur comportement et, en retour, plus on peut compter sur eux. Il est difficile de connaître les limites, les singularités ou les qualités cachées des gens simplement en les observant en réunion, en restant assis devant l’ordinateur toute la journée ou même en traînant à la cafétéria.

Il est préférable de faire des choses divertissantes en dehors de votre lieu de travail. Lorsque vous faites une activité amusante au bureau, vous percevez encore inconsciemment la hiérarchie et les rôles qui sont assignés. Sur le lieu de travail, vous ne savez jamais quand votre patron peut soudainement interrompre l’activité et vous demander de vous atteler à une tâche qui relève de l’emploi pour lequel vous êtes payé. Mais même si, selon toute probabilité, votre patron ne va pas vous interrompre, vous restez toujours complètement un employé de l’entreprise entre ces murs. Inversement, si vous êtes un gestionnaire qui participe à une activité amusante ou qui l’organise, vous devez être vraiment prêt à cesser de diriger pendant les heures de plaisir et à être un gars comme les autres. J’ai été impressionné (attention, obséquiosité à suivre !) par notre grand et omniscient président de Spiria, qui est passé à Mont-Tremblant pour soutenir un marathon de ski de 24 heures organisé par un collègue et auquel certains d’entre nous participaient. Il a même porté mes skis pour moi ! J’ai failli lui donner un pourboire, mais je suis radin. L’année suivante, il n’était qu’un skieur parmi d’autres dans notre équipe de relais, dormant entre les quarts de travail sur le plancher du salon d’un appartement exigu (oui, j’ai eu une super photo « couché à côté du patron » !).

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Quels types d’activités devriez-vous trouver ? Dans des entreprises précédentes, j’ai participé à des événements obligatoires auxquels participaient des gens qui hurlaient les valeurs de l’entreprise à s’en briser les tympans sur un terrain de sport, mais ce n’est pas tout à fait ce que nous cherchons ici. L’activité la plus facile, bien sûr, est de sortir pour aller manger ensemble, puisque tout le monde a besoin de manger. Mais quand vous mangez est aussi important : le soir permet une dynamique beaucoup plus drôle parce que les gens peuvent vraiment se détendre, alors que les déjeuners pris à la hâte le midi sont plus guindés… et plus sobres. Mais à part découvrir les étranges habitudes alimentaires de vos collègues ou leur possible manque de bonnes manières à table (rot !), les simples activités gastronomiques ne sont pas si passionnantes en soi. En général, plus vous vous éloignez physiquement de votre routine de travail, mieux c’est. Quand vous voyez des films sur d’anciens combattants qui restent bons amis plus tard dans leur vie, ce n’est pas seulement un cliché. Les gens se font simplement plus confiance lorsqu’ils ont survécu ensemble à des expériences extrêmes. Ce n’est pas que je recommande la guerre comme activité amusante, mais de courtes et intenses expériences physiques en équipe comme le marathon de ski de 24 heures à Mont-Tremblant, le surf en salle, le lancer de hache, ou une escapade de fin de semaine en groupe peuvent être amusants. Une entreprise de technologie pour laquelle je travaillais à Taïwan croyait tellement aux sorties en groupe qu’elle subventionnait partiellement tout groupe de trois collègues ou plus qui partaient ensemble en voyage n’importe où. Ce que vous découvrirez sur les gens qui participent à ces aventures peut vous ouvrir les yeux : vous trouverez peut-être que le gars timide de votre équipe est en fait un gars robuste, débrouillard et facile à vivre qui n’a aucun problème à se porter volontaire pour dormir dans une tente par temps froid. Qu’un collègue relativement chétif est vraiment ouvert à se faire pousser à se dépasser et ne se plaint jamais de quoi que ce soit. Ou que quelqu’un qui est habituellement très joyeux au bureau peut être taciturne pendant de longues périodes. Ou encore, lorsque vous êtes assis pendant plusieurs voyages en télésiège avec quelqu’un que vous n’avez toujours pas réussi à saisir au travail, il se peut que vous trouviez que la personne est en fin de compte plutôt cool et a les pieds sur terre. Vous pourriez observer des modèles de « promesses excessives et partiellement tenues » ; vous pourriez voir plus clairement qui sont les leaders naturels de votre groupe – ceux qui ont des idées solides, qui prennent le relais des autres afin d’atteindre des objectifs communs, qui écoutent attentivement, qui sont faciles à vivre, qui ne sont pas vindicatifs, qui donnent le bon exemple, qui cherchent un consensus raisonnable, et vers qui les autres vont s’adresser pour obtenir des conseils.

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Bien sûr, plus le groupe est grand, plus il est difficile de planifier quelque chose que tout le monde veut bien faire et peut faire à une même date. Vous pouvez utiliser la merveilleuse application Doodle pour limiter démocratiquement les options quant aux dates et activités, mais il se peut que vous ne parveniez pas à synchroniser tout le monde. C’est une réalité que vous devrez accepter, et vous devrez essayer de prioriser les personnes manquantes dans l’activité qui suivra. Le fait que certains employés ont des compagnons, des conjoints ou des enfants est-il une excuse pour les abandonner ? Non. Amenez-les… il vous faudra simplement être plus créatif dans l’organisation.

La manière dont les gens participent à l’organisation et à la logistique d’une sortie est aussi une fascinante leçon sur les caractères. Certains se portent volontaires de façon proactive, pour penser aux imprévus et aider à assurer le succès de la préparation, tandis que d’autres sont plus passifs, de dernière minute ou, en fin de compte, ne sont même pas prêts à participer. Mais parfois, la façon dont les gens ne participent pas à une activité est aussi révélatrice que la façon dont ils y participent. Ne pas se joindre à une amusante activité de loisir à participation volontaire n’est pas un crime, parce que c’est justement ça : c’est amusant et sur la base du volontariat. Mais une fois que vous vous êtes engagé, d’autres personnes commencent à dépendre de vos promesses – que ce soit pour fournir les fonds nécessaires, préparer la nourriture un certain jour, ou être équipier. Des choses inattendues se produisent et les plans doivent parfois changer… Le moment, la clarté et la sincérité avec lesquels d’autres coéquipiers dépendants sont informés (ou pas) de votre incapacité à respecter un engagement en diront long, pour le meilleur ou pour le pire, sur votre fiabilité et votre prévenance.

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Pourquoi se donner tant de mal ? Devriez-vous même tenter de vous amuser avec vos employés hors du cadre professionnel ? La familiarité n’engendre-t-elle pas la déconsidération ? En fait, la familiarité favorise la compréhension et le respect dans les deux sens. Même dans une entreprise technique comme Spiria, si vos recrutements n’ont au départ pas bon caractère et bon jugement, alors leurs autres compétences ne sont pas vraiment pertinentes. Et s’ils ont un caractère correct, pourquoi ne voudriez-vous pas être leur ami… même si ce ne sera pas le meilleur ami ? Est-ce parce que vous craignez que s’ils raflent tout votre argent au poker (les petits coquins sournois !) ou que s’ils tirent, surfent ou skient mieux que vous, ils cesseront de vous respecter au bureau ? Si vous craignez réellement qu’être « démasqué » en montrant tous vos côtés, les bons, les idiots et les vilains, affecte votre capacité à diriger au travail, alors vous avez des problèmes personnels et de gestion de l’humain bien plus importants à régler. Les avantages pour vous et vos employés d’apprendre à vous connaître et à vous comprendre, et réciproquement, l’emportent de loin sur la tristesse et les désagréments intenses que peuvent entraîner plus tard d’éventuels congédiements ou procédures disciplinaires. Savoir ce qui fait vraiment marcher les gens n’est jamais une mauvaise chose. Prendre le plaisir au sérieux vous aide à savoir à quoi vous attendre des gens avec qui vous travaillez, ce qui rend toutes les choses sérieuses plus amusantes aussi.

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Cette entrée a été publiée dans Environnement de travail
par Don Ramsey.
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