La cartographie des récits utilisateurs, comment ça marche ?

Dans le cadre de l’Agile Tour, j’ai participé à un atelier (animé par Alain Benoît et Jean-Christophe Lauffer) dont le sujet était la visualisation du bon produit grâce à la cartographie des récits utilisateurs (User Story Mapping). J’ai vraiment apprécié l’exercice dont voici les grandes lignes.

Tout part d’une situation vécue. Comme moi, il vous est sans doute déjà arrivé lors d’une rencontre que tous les participants semblent en accord avec les éléments présentés en détail pour finalement vous rendre compte par la suite que personne n’avait compris la même chose ? Et bien, la cartographie des récits utilisateurs permet justement d’éviter cela !

I’m glad we all agree!

La compréhension partagée est l’un des objectifs du travail collaboratif. Illustration Jeff Patton / Luke Barret – CC BY-NC-SA.

La cartographie des récits ou « The Big Picture »

Ce que permet la cartographie des récits utilisateurs, c’est de voir la forêt dans son ensemble plutôt qu’un arbre seul. En approfondissant les discussions, elle permet de créer ensemble une vision commune de la solution à développer. Et plus concrètement, la cartographie permet de structurer le backlog de récits utilisateurs.

Qu’est-ce qu’un backlog ? Il s’agit avant tout de la liste de tâches à réaliser afin d’arriver au produit espéré.

Flat backlog vs 2D backlog.

Backlog plat (liste non structurée) vs backlog en 2D (cartographie des récits/“User Story Map”). Illustration Juliana Betancur/Twitter.

Comment appliquer la cartographie des récits utilisateurs ?

Durant l’atelier, nous avons eu mission d’organiser en équipe un voyage avec un crédit de 10 000 dollars.

L’organisation a été faite en 5 étapes.

1. Écrire l’histoire, par étapes

Sur des papillons repositionnables, inscrire les étapes de préparation faites lors d’un dernier voyage – tout ce qui vient à l’esprit. Une étape, un papillon.

À la manière d’un remue-méninges, chaque personne inscrit sur des papillons repositionnables les étapes à effectuer lors de la planification d’un voyage, et ce sans restriction. Par exemple, « faire le ménage de la maison ». Pour certaines personnes, il pourrait être essentiel de faire le ménage avant de partir en voyage.

2. Organiser l’histoire

Ordonner les papillons repositionnables de gauche à droite, puis raconter l’histoire en parcourant les papillons l’un après l’autre. Par exemple, « Pour me préparer j’ai fait ceci […] ensuite, j’ai fait cela […], etc. » et au besoin, ajouter des étapes manquantes.

Chaque personne ayant une vision différente de l’ordre souhaitable des activités, des discussions s’engagent alors sur l’ordonnancement de celles-ci, et ce, jusqu’à l’obtention d’un consensus.

3. Explorer les histoires alternatives

C’est-à-dire « Et si… » :

  • On partait en voyage au Québec ?
  • On partait en voyage en Amérique du Sud ?
  • On partait en voyage en amoureux ?

Ajouter les nouvelles étapes de préparation nécessaires dans le cadre du nouveau scénario et les ajouter à notre histoire.

Et si on avait un animal ? Des enfants ? Et si c’était un voyage avec les beaux-parents ? Ou un voyage en sac à dos ? Et si le budget était restreint ? Etc.

Cartographie des récits utilisateurs.

4. Extraire et bâtir la structure

Regrouper les tâches qui ont un objectif commun, tout en conservant la trame narrative. Associez des regroupements à un intitulé résumant l’étape. Autrement dit, à haut niveau, que dois-je faire ?

Cartographie des récits utilisateurs.

Il faut ajouter un papillon repositionnable au-dessus de chaque colonne afin de résumer l’objectif des activités de ce regroupement.

5. Découper la cartographie par priorités pour atteindre un résultat spécifique

Écrire le résultat spécifique à atteindre sur un papillon repositionnable que l’on place sur la gauche – Il représente en quelque sorte le produit minimum viable. Tracer une ligne et déplacer en dessous toutes les activités qui ne seront pas nécessairement faites.

Prétendons maintenant que la date de départ vient d’être devancée et proposons au groupe de partir ce soir. Spontanément, certaines activités devront passer sous la ligne étant donné le manque de temps pour les exécuter. Les grandes priorités deviennent alors très faciles à identifier.

Cartographie des récits utilisateurs.

Comme le décrit Jeff Patton, créateur de la méthode :

« Nous passons beaucoup de temps à travailler avec nos clients. Nous travaillons dur pour comprendre leurs objectifs, leurs utilisateurs et les principales parties du système que nous pourrions leur bâtir. Ensuite, nous passons enfin aux détails – les éléments de fonctionnalités que nous aimerions construire. Dans ma tête, je vois un arbre où le tronc est fait des objectifs ou des avantages souhaités, ceux qui motivent le système ; les grandes branches sont des utilisateurs ; les rameaux sont les capacités dont ils ont besoin ; puis, les feuilles sont les récits des utilisateurs, assez petits pour se placer dans les itérations du développement.

« Après tout ce travail, après avoir établi cette compréhension commune, j’ai l’impression que nous arrachons toutes les feuilles de l’arbre et que nous les chargeons dans un sac de feuilles – puis, nous coupons l’arbre.

« C’est ce qu’est un backlog plat pour moi. Un sac de feuilles sans contexte. »

Raking up user stories.

Ratissage automnal de récits utilisateurs. © iStock.

Mettre l’accent sur le parcours.

Une cartographie des récits permet de mettre en évidence visuellement le parcours d’un client avec le produit, y compris les activités et les tâches qu’il accomplit. Cette visualisation aidera l’équipe à se concentrer sur le développement, à contextualiser chaque élément et à offrir au client les résultats souhaités.

Il fournit un contexte à l’équipe en répondant aux questions suivantes :

  • Pourquoi construisons-nous cela ?
  • Pour qui ?
  • Quelle valeur ajoutée la solution apportera-t-elle au client et quand ?

En résumé, la cartographie des récits utilisateurs est pertinente pour :

  • Identifier et implémenter les fonctionnalités basées sur les résultats espérés par le client.
  • Faire vivre le parcours utilisateur en transformant le backlog en carte centrée sur le client.
  • Mieux comprendre le parcours en fonction de ce qu’il veut et apprécie.
  • Prioriser les actions en fonction de la valeur attendue.
  • Obtenir de meilleurs résultats et réduire le gaspillage.

Flat backlog vs Story map.

Backlog plat vs cartographie des récits. © Nicholas Muldoon.

La cartographie des récits utilisateurs est-elle une méthode que vous utilisez ? Quel(s) outil(s) utilisez-vous ?

 

Découvrez nos histoires
à succès.

Un projet de développement logiciel?
Contactez-nous!  

Cette entrée a été publiée dans Méthodes et bonnes pratiques
par Sandra Forgues.
Partager l’article