Cinq importantes leçons apprises en tant que développeur junior

Le développeur junior doit souvent apprendre sur le tas des choses qui ne sont pas enseignées à l’école. Samuel, de Spiria Montréal, partage 5 importantes leçons qu’il a apprises :

Si vous n’avez pas le temps de tout lire :

Laissez votre ego à la porte
Votre ego ne fera que vous ralentir sur le chemin de votre progression en tant que programmeur. Laissez-le derrière vous.

Le travail en équipe est essentiel
Vous n’irez pas loin sans l’équipe. Mettez de côté vos propres intérêts et regardez les choses dans leur globalité.

Comprenez que chacun a des attentes différentes
Tout le monde ne travaille pas et ne pense pas comme vous. Cela ne veut pas dire qu’ils ont tort, mais simplement qu’ils ont des attentes différentes ; et il vous faut l’accepter.

Sortez de votre zone de confort
Évitez de vous confiner dans votre petit confort et allez explorer les vastes mondes de la technologie. Apprenez des choses sans rapport direct avec votre travail ; vous ne savez jamais quand cela vous sera utile.

N’allez pas jusqu’à l’épuisement
Ce n’est pas un sprint, mais un marathon. Prenez du temps pour vous et profitez de la vie en dehors du travail.

Laissez votre ego à la porte

La somme de connaissances requise pour mener un projet à bien est tout simplement énorme. Vous devez posséder des compétences appropriées en matière d'UX/UI, de back-end, de front-end, de base de données, de DevOps, d'architecture, de sécurité, etc. Faut-il vous immerger dans Pluralsight et essayer de tout apprendre de fond en comble ? Si vous voulez passer des années à ne rien faire d’autre, pourquoi pas… Autrement, essayez donc d’apprendre de vos pairs qui ont passé de nombreuses années à perfectionner leur savoir-faire.

Si vous avez un gros ego, non seulement vous n’allez pas écouter et apprendre, mais vos coéquipiers ne seront de toute façon pas enclins à vous transmettre des connaissances. Vous considérerez chaque correctif ou suggestion d’amélioration comme un affront personnel. Vous finirez par gaspiller beaucoup d’énergie à essayer de protéger quelque chose de peu d’utilité : votre ego.

Je n’ai pas échappé à ce piège. Je pensais tout savoir, jusqu’à ce que je réalise que… ce n’était pas le cas. Mon savoir n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan. J’ai réalisé à quel point mon ego était grand et stupide lorsque j’ai commencé à travailler avec des gens qui étaient bien plus savants que moi. Lâcher son ego est plus facile à dire qu’à faire, et cela ne se réalise pas du jour au lendemain, mais les bénéfices en valent la peine. Je vous recommande l’ouvrage Ego is the Enemy de Ryan Holiday. Cet excellent livre est facile à lire, et il vous explique les raisons pour lesquelles votre ego ne vous est d’aucune utilité et pourquoi vous devriez vous en séparer.

Le travail en équipe est essentiel

Derrière tout excellent logiciel, il y a une équipe formidable qui l’a conçu. Je n’ai réalisé l’importance du travail d’équipe que lorsque j’ai été propulsé dans un environnement concret, avec un vrai projet et une vraie équipe. C’est une dynamique différente de celle à laquelle j’étais habitué, quand mon propre intérêt passait avant celui de l’équipe.

Communiquez souvent, posez des questions lorsque vous n’êtes pas sûr de quelque chose, signalez les problèmes dès qu’ils surviennent. Tout le monde doit faire sa part dans l’intérêt de la coordination du projet. Ne restez pas sans communiquer pendant des jours. Vos décisions doivent être prises dans l’intérêt de l’équipe et non dans votre propre intérêt, et vous devez travailler avec l’équipe et non contre elle. N’oubliez pas que personne n’apprécie un programmeur « héros » qui pense pouvoir faire le travail de tout le monde.

Je suis plutôt un loup solitaire, un penseur avant un orateur, un introverti. Pour moi, communiquer et être là pour l’équipe n’avait jamais été un problème parce que je n’en avais pas le besoin. Dans mes emplois précédents et à l’école, je pouvais simplement brancher mes écouteurs et travailler comme je voulais, au rythme que je voulais, avec les outils que je voulais. Mais j’ai fini par devoir adapter mon comportement et mes habitudes, car aussi amusante que soit la liberté totale, il faut être plus d’un pour réaliser quelque chose d’important et de significatif. Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin.

Comprenez que chacun a des attentes différentes

Vous travaillerez avec beaucoup de gens tout au long de votre carrière. Comme chaque personne est unique, votre relation de travail avec chacune d’entre elles doit l’être également. Cela signifie que vous devez essayer de comprendre les attentes et besoins de chaque personne afin de mieux comprendre pourquoi elle pense et agit comme elle le fait.

Cela ne signifie pas que vous devez avoir un doctorat en psychologie. Lisez plutôt les styles interpersonnels selon Larry Wilson. Cela donne un bon aperçu du concept de « personnalités fondamentales » en termes simples. En bref, vous avez :

  • L’analytique : axé sur les données, il a besoin de clarté et de réponses objectives.
  • Le fonceur : concentré sur un objectif, il a besoin d’avancer rapidement et efficacement.
  • L’expressif : animé par le sentiment, il a besoin de liberté et de tâches stimulantes.
  • L’aimable : orienté vers la socialibilité, il a besoin d’interactions et d’une atmosphère positive.

Le but n’est pas d’essayer de plaire à tout le monde tout le temps, mais plutôt de faire preuve d’empathie lorsque quelqu’un ne se sent pas motivé par son travail. C’est un excellent outil pour vous aider à mieux comprendre vos coéquipiers et à adapter en conséquence votre relation de travail avec eux.

Pendant longtemps, je ne comprenais pas les gens qui avaient constamment besoin de réponses concernant leur travail. Je me disais : « Si vous ne savez pas, prenez une décision et faites avec. Cela ne doit pas être si difficile que ça ». J’ai toujours eu l’impression qu’ils avaient besoin d’être nourris à la cuillère, alors qu’en fait, ils avaient juste besoin de clarté. Ce sont des analytiques, et c’est tout simplement dans leur nature. Je travaillais plus vite qu’eux, mais mon travail devait être corrigé, tandis que le leur était approuvé à la révision. J’avais besoin de rapidité, alors qu’ils avaient besoin de clarté. Il n’y a pas de bien ou de mal, juste des besoins différents.

Sortez de votre zone de confort

N’ayez pas peur d’essayer quelque chose de complètement nouveau. Il y a tant de domaines, de langages, de frameworks, de méthodes de travail, d’architectures, de paradigmes différents, et la liste est longue. Même si cela n’est pas directement lié à votre métier, vous devriez explorer. Il y a de fortes chances pour que ce que vous avez appris en sortant de votre domaine profite à votre travail d’une manière ou d’une autre.

Prenez un peu de temps chaque semaine pour aller explorer, même si ce n’est que quelques heures. Il y a quelque chose d’euphorisant à apprendre par simple curiosité. Vous avez plus de temps pour analyser, questionner et creuser que quand vous devez apprendre les mêmes choses dans la précipitation pour un projet.

Aucun savoir n’est jamais gaspillé, et vous devriez profiter pleinement de votre jeunesse pour faire bon usage de tout le temps qu’il vous reste à l’horloge de la vie. Le temps est votre plus grand atout. Faites-en bon usage.

N’allez pas jusqu’à l’épuisement

Il est tout à fait naturel, au début, de vouloir faire ses preuves en travaillant comme un fou. Vous êtes jeune, vous commencez votre carrière et vous voulez que tout le monde sache que vous ne serez pas un poids mort. Mais combien de temps pouvez-vous tenir le rythme avant de tomber en panne de carburant ? Quelques mois si vous êtes chanceux ? Et vous ressentirez les mêmes choses qu’après une chute de glycémie : manque de motivation et de concentration.

Si vous recherchez le respect, ce n’est pas la façon de le gagner. Les travailleurs plus âgés ont du vécu et savent que votre folle accumulation de “story points” ne durera pas. Ne gaspillez pas votre énergie en début de course ; gardez-la pour quand vous en aurez vraiment besoin. Il y aura des moments où vous aurez besoin de doubler la mise, et ce sera un cauchemar si vous avez consommé tout votre carburant.

Je suis coupable d’avoir cédé à ce comportement. Je pensais que plus je publierais de “user stories”, plus je deviendrais utile. J’ai essayé d’être le héros que personne n’avait demandé. Ce fut de courte durée. Au début, je me sentais bien. J’ai reçu quelques tapes dans le dos, quelques mentions dans des réunions. Et puis les mois ont passé. Ma motivation s’est effondrée. J’avais peu de patience et moins de concentration : une combinaison mortelle. Tout ce que je voulais alors, c’était juste m’arrêter un moment, mais ce n’était pas possible. Je devais prendre de nombreuses pauses au cours de la journée pour rester lucide, garder mon esprit clair.

Morale de l’histoire : prenez du temps pour vous, faites de l’exercice, reprenez les passe-temps que vous avez mis de côté parce que vous étiez trop occupé par votre emploi du temps de fou. Voyagez et lisez. Être heureux en dehors du travail est la meilleure façon d’être heureux au travail.

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Cette entrée a été publiée dans Méthodes et bonnes pratiques
par Samuel Dubé.
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