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Alexandre Huynh
22 décembre 2020.

Quelles sont les qualités d’un bon chef de développement logiciel?

Le terme « chef » signifie différentes choses dans différents domaines. En musique, par exemple, le rôle d’un chef d’orchestre est d’assurer les conditions idéales pour appuyer le processus créatif des musiciens, et de les aider à travailler « de concert ». Pour ce faire, le chef propose des comportements et actions plutôt que de les imposer. En sports, par contre, le chef d’équipe a le droit d’exiger que tous suivent la ligne tactique et culturelle, puis met les joueurs à l’avant-plan pour qu’ils puissent faire ce qu’ils font le mieux.

Ainsi, qu’est-ce qu’un bon chef de développement logiciel? Avant de répondre à cette question, demandons-nous pourquoi il faut un chef de développement logiciel.

Un chef est-il vraiment nécessaire?

S’il est admis que les bons logiciels sont développés par les les bonnes équipes, alors, il est logique d’avoir un bon chef d’équipe.

D’abord, un bon chef d’équipe écarte les problèmes qui empêchent l’équipe de travailler libre de distractions ou d’obstacles. Une équipe qui doit s’écarter du développement pour régler des problèmes accessoires est une équipe dont la performance en développement est diminuée.

Ensuite, un bon chef d’équipe motive et rallie l’équipe tout au long du cycle de vie du projet, surtout lorsque les choses vont mal. Une équipe de développement logiciel se compose (normalement) d’êtres humains ; or, il faut comprendre ce qui anime chacun de ses membres pour guider l’équipe vers son but commun.

Enfin, un bon chef d’équipe cerne et gère les lignes de fracture. Katerina Bezrukova, professeure adjointe de dynamique de groupe à l’Université de Santa Clara, a étudié des entreprises de haute technologie de la Silicon Valley pour déterminer si la « chimie d’équipe » peut être prédite, et si celle-ci est essentielle au succès. Les « lignes de fracture » sont les caractéristiques personnelles qui peuvent produire des clivages au sein d’un groupe, par exemple l’âge, le sexe, l’ethnicité, les motivations professionnelles, les passe-temps ou les intérêts personnels. Ces clivages permettent de comprendre les effets de la composition d’un groupe, soit la « chimie d’équipe ». La diversité peut creuser les lignes de fracture, mais si celles-ci peuvent être comblées, par exemple grâce aux intérêts chevauchants des membres d’un groupe, les conflits éventuels peuvent être surmontés.

Il existe d’autres excellentes raisons pour lesquelles un bon chef d’équipe vaut son pesant d’or, mais nous nous fonderons sur les trois raisons ci-dessus pour examiner les qualités qui vous permettront d’en être un.

Empathie

Les bonnes équipes ne se créent pas par hasard : il faut comprendre chaque membre de l’équipe et, surtout, comprendre que leur vision du monde et perspective sont différentes des vôtres. Un bon chef d’équipe observe et retient les comportements et réactions des membres de l’équipe. Ceci dit, rien ne remplace l’écoute active. Souvent, les chefs d’équipe frustrés ne comprennent pas pourquoi leur technique de ralliement ne fonctionne pas (par exemple, but commun et valeurs culturelles partagées, ennemi commun, système de récompense). Ces chefs d’équipe ont tendance à se rabattre sur la technique « c’est moi qui commande ».

Le manque d’empathie pour les membres de l’équipe peut creuser les lignes de fracture et créer des clivages au sein de l’équipe.

Anticipation

Les clients comme les développeurs de logiciels sont unanimes : tous apprécient les chefs d’équipe qui anticipent les réactions et les résultats. Ces chefs d’équipe ont pris le temps de prévoir la façon par laquelle un résultat pourrait infléchir divers comportements et ont fait un plan. Ce genre de leadership valorise les membres de l’équipe dans toute leur diversité de personnalités et d’expériences, sans essayer de les homogénéiser et d’en faire une armée de robots commandés.

La capacité d’un chef d’équipe à prévoir et anticiper conforte le sentiment qu’il s’occupe de tout et de tous – équipe et client – pour que les membres de l’équipe puissent travailler l’esprit tranquille et se concentrer sur leur mission.

Communication

L’on n’insiste jamais assez sur l’importance de l’écoute active comme élément clé de la communication. Un bon chef d’équipe doté d’une bonne écoute active mène par l’exemple, ce qui encourage les membres de l’équipe de faire preuve à leur tour d’écoute active en cas de conflits entre eux. Mais l’inverse est vrai aussi : un chef d’équipe qui n’est pas à l’écoute sème la zizanie entre les membres de l’équipe, qui se concurrencent pour se faire entendre.

Les équipes fonctionnent le mieux lorsque la confiance règne. Pour faire régner la confiance, un bon chef d’équipe doit savoir quel message transmettre (« le quoi »), quand le transmettre (le choix du moment) et comment (le ton). Le bon choix du « quoi », « quand » et « comment » s’appuie sur l’empathie et l’anticipation qui nous ont aidé à bien comprendre la dynamique du groupe.

Toujours dans l’optique de « connaître son auditoire », attention aux effets pervers de la sur-communication. Parfois, il vaut mieux éviter la précipitation afin de ne pas semer la panique ou aggraver l’anxiété au sein de l’équipe. Accordez à votre équipe le temps, et la confiance, de régler les problèmes.

Prise de décision

Peu importe que vous soyiez le genre de chef d’équipe qui mène de l’arrière ou de l’avant : votre équipe s’attend à ce que vous fassiez preuve de décision et de responsabilité. Ce « courage décisionnel » ne signifie pas la prise de risques, mais plutôt la fermeté, la conviction et la prise de responsabilité. Si votre compétence et votre titre appuient votre crédibilité, le manque de courage la saborde.

Compétence

Enfin, la compétence est toujours importante pour un chef d’équipe. Il ne s’agit pas de savoir coder ou de connaître votre clients ou leur secteur mieux que quiconque, mais plutôt, de posséder les qualités déclinées plus haut : compétence au niveau de l’empathie, de l’anticipation et de la planification, de la communication et de la prise de décision.

Soyez honnête avec votre équipe quant à votre niveau de compétence : cela lui permettra d’ajuster tout naturellement sa dynamique jusqu’à ce que tout le monde atteigne son plein potentiel dans chaque domaine.

D’aucuns diront que les développeurs de logiciels n’ont pas besoin de chef d’équipe. Certes, une équipe peut toujours se débrouiller tant bien que mal en l’absence de direction ; mais les problèmes sous-jacents ne se résolvent pas tout seuls. En fait, ils empêchent les développeurs de se concentrer sur leur mission, puisque ceux-ci doivent maintenant s’attarder sur la dynamique du groupe et les autres problèmes inhérents à la collaboration humaine. Les mauvais chefs d’équipe, en revanche, imposent leur volonté à l’équipe et divisent le groupe pour se rendre indispensables au progrès.

C’est pourquoi il est de l’intérêt de toute l’équipe – client et développeurs – d’avoir un bon chef d’équipe pour guider votre projet de développement logiciel. Si la valeur d’un bon chef d’équipe est difficile à isoler et à quantifier, elle éclate au grand jour dès que l’on constate l’amélioration de la performance des membres de son équipe.

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