Stratégie

Alors que les investissements en technologie d’entreprise augmentent d'en moyenne 8% par année depuis 2022 (Mckinsey, 2025), une réalité persiste : ce ne sont pas tous les projets de transformation numérique qui sont rentables. Une étude du Boston Consulting Group révèle que 70% des projets de transformation numériques ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs, entraînant souvent de graves conséquences. Par contre, la même étude rappelle à quel point ces investissements sont payants.
Alors, où sont les écarts ?
Eh bien, ils se situent rarement au niveau d'un produit, de l’intelligence artificielle (IA) ou du développement logiciel entant que tel. Le succès se décide bien avant la première ligne de code : il repose principalement sur la planification stratégique.
Notre thèse ? Un projet de développement de logiciel sur mesure, c’est d’abord un projet d’affaires. Donc oui. La planification stratégique est cruciale.
Pour réduire les risques et vous assurer que votre prochain projet TI soit un levier de croissance, prenez un moment pour prendre conscience de 5 mythes qui peuvent vous mettre des bâtons dans les roues.
1. « Le succès dépend surtout des bons choix technologiques »
C’est vrai, les choix technologiques ont un impact. Par contre, le plus grand risque d’un projet est rarement technique. Il est bien plus souvent organisationnel. Des objectifs imprécis, un manque d’alignement ou une faible implication des équipes causent plus d’échecs que le choix de langage ou d’infrastructure lui-même. La technologie est l'outil pour répondre à un enjeu d'affaires et non pas la réponse en elle-même. Confondre les deux, c'est construire une solution qui fonctionne techniquement, mais qui ne résout rien de concret.
La réalité : Un projet logiciel est avant tout un projet d’affaires. Un logiciel d’entreprise n'est pas réussi parce qu'il fonctionne techniquement ; il est réussi parce qu'il simplifie le travail, crée un gain tangible pour votre entreprise et est adopté par vos utilisateurs et utilisatrices.
2. « On peut commencer à coder, on ajustera plus tard... l'analyse c'est du temps perdu. »
Ce qui est trompeur avec le développement applicatif, c’est qu’on peut toujours faire des changements. Par contre, il y a un coût à le faire. Et plus on en fait tard dans le processus, plus le coût risque d’être élevé. S'engager dans le développement sans un cadre défini mène droit aux dépassements de coûts. Certes, un projet évolue, mais chaque changement structurel en cours de route provoque des répercussions importantes sur le budget et l’échéancier. L’analyse permet d'anticiper les contraintes critiques, identifier les besoins utilisateurs réels, et valider des hypothèses clés.
La réalité : Les besoins fondamentaux et dépendances critiques identifiés dans l’analyse (aussi appelé phase Découverte) réduisent les risques de votre projet. Commencer à développer sans cadre, c'est construire une maison sans plan. On peut toujours abattre un mur, mais ça coûte bien plus cher qu'un trait de crayon effacé sur un plan.
3. « L’intelligence artificielle (IA) va rendre la planification obsolète. »
Ici, le risque n'est pas dans votre architecture logicielle. Il provient de vos décisions, et ce, d'une toute première version au produit final. L'intelligence artificielle peut générer des fonctionnalités à une vitesse record, mais elle ne peut pas dicter votre stratégie d'affaires. Plus les capacités de production augmentent, plus votre trajectoire doit être définie avec rigueur.
La réalité : L'IA ne peut pas anticiper les dépendances critiques entre vos différents systèmes ni s'assurer que l'outil règleras les irritants réels de vos équipes en usine, sur le terrain ou au bureau.
4. « On préfère payer une licence pour un logiciel existant, c'est moins cher que le sur mesure. »
S'il existe une solution sur le marché qui répond parfaitement à vos besoins, c'est probablement le choix le plus judicieux. Nous serons les premiers à vous le dire. Mais quand la solution touche au cœur de vos opérations, à ce qui vous différencie de vos compétiteurs, à votre sauce secrète — là, le calcul change complètement. Un logiciel sur mesure (bien fait et abordé comme un projet d'affaires) devient un investissement. Surtout s'il centralise vos processus, remplace plusieurs outils existants, et vous fait économiser du temps et de l'argent à long terme. Dans plusieurs industries, il existe aussi des approches hybrides qui combinent des solutions existantes avec du développement sur mesure via des APIs qui permettent de cibler uniquement ce qui crée une valeur unique pour vous.
La réalité : Ce n'est pas une question de sur mesure contre existant. C'est une question d'alignement avec vos objectifs d'affaires. Demandez-vous si cette solution règle un enjeu qui vous distingue ; si elle s’intègre à votre environnement et si elle permet de sauver des coûts, du temps, ou de faire quelque chose que vos compétiteurs ne peuvent pas faire. Vous aurez votre réponse.
5. « La livraison marque la fin du projet. »
Un logiciel est un actif vivant. Et son déploiement n'est pas une finalité. C'est le moment où les utilisateurs s'approprient la solution, où de nouveaux apprentissages débutent et de nouvelles idées surgissent. D'autant plus qu'on vise rarement la solution parfaite dès le départ : on livre une première version répondant aux besoins fondamentaux. Comme votre maison une fois construite, il faut l'entretenir et l'améliorer pour qu'elle conserve son utilité et sa valeur. Négliger les coûts d'adoption, de support et d'évolution dans le calcul initial peut être une grande erreur.
La réalité : Prévoyez un budget annuel d’amélioration et de maintenance logicielle selon les risques que vous êtes prêt(e)s à prendre. Une fois la solution en place, il faut l’entretenir pour qu’elle conserve son utilité et sa valeur.
Ces 5 mythes ont un point en commun : ils déplacent l'attention là où le risque est le plus faible, et loin de là où il est le plus élevé. On investit dans la technologie, on choisit les bons outils, on lance le développement...et on découvre en cours de route que les objectifs étaient flous, que les utilisateurs et utilisatrices n'ont pas été consultés, ou que la solution règle le mauvais problème.
Rappelons-le : 70 % des projets de transformation numérique n'atteignent pas leurs objectifs (BCG, 2020). Pas parce que la technologie a failli. Parce que la planification stratégique, elle, n'était pas au rendez-vous.
Un projet logiciel, c'est d'abord un projet d'affaires. Et même vos collègues et patron(ne)s les plus vifs d'esprit pourraient se faire prendre par ces mythes.
Pourquoi pas leur partager cet article pour que votre prochain projet, lui, soit dans les 30 % qui réussissent ?
Combien d'entreprises commencent leur projet de modernisation par cette phrase : "Je sais exactement ce que je veux, pourquoi payer pour une analyse ?"
Si vous entendez cette phrase dans votre entreprise (ou si vous l'avez déjà prononcée), vous n'êtes pas seuls. Mais c’est un peu comme dire à un architecte : "J'ai besoin d'une maison, creusez-moi ça demain matin."
Bien évidemment, on ne construirait jamais sa maison de rêve sans plans détaillés, sans étude de sol, sans permis. Pourtant, c'est exactement ce qu'on fait avec nos systèmes d'affaires qui valent des milliers de dollars. Drôle de logique, non ?
Alors, comment avancer avec lucidité plutôt qu’à l’aveugle pour une bonne préparation stratégique ? Deux points qui font toute la différence : définir vos objectifs d’affaires et comprendre vos utilisateurs finaux.
Clarifier vos objectifs d’affaires
« On sait déjà ce qu'on veut » En êtes-vous sûr ?
Bien souvent, ce que l’on croit vouloir n’est qu’une partie du tableau et cette certitude peut coûter cher...
Voici quelques réalités souvent sous-estimées dans la plupart des projets de modernisation :
Ce qui se cache sous le capot de vos systèmes
Vos applications ne vivent pas en ermites. Elles échangent entre elles par des interfaces de programmation d'application qui ne sont plus fluides, partagent des bases de données parfois désordonnées et s'appuient sur des petits arrangements réalisés par vos équipes, que plus personne ne documente aujourd’hui.
Dans ce cadre, choisir de modifier un élément sans avoir au préalable cartographier ces interdépendances, c'est comme jouer au Jenga avec votre infrastructure. Un audit approfondi de vos systèmes va permettre de venir révéler ces liens cachés et permet d’anticiper les impacts en cascade.
Les vrais coûts cachés de la migration
Le prix d'une nouvelle technologie ce n'est jamais juste la licence. La formation des équipes, la migration des données, les tests d'intégration, la période de rodage... Tous ces coûts indirects peuvent souvent représenter une grosse partie du budget total du projet. En venant les identifier dès le départ, on transforme les surprises désagréables en lignes budgétaires qui seront maîtrisées.
L'impact réel sur vos processus métier
Changer de système, c'est souvent également changer la façon de travailler. Vos équipes ont développé mille et une astuces pour parvenir à contourner les bugs, à accélérer les processus et à créer des raccourcis qui compensent les limites actuelles. Avec le temps, ces habitudes deviennent invisibles... jusqu'à ce qu'elles ne fonctionnent plus. Prendre le temps de comprendre ces impacts humains, c'est toute la différence pour assurer la réussite de la transition.
Quand l'IA révèle tout ce qu'on préférait ignorer
À tous ces défis, vient s’ajouter celui l’intelligence artificielle (IA) qui peut dans certains cas complexifier l’équation. Vouloir « juste ajouter de l’lA » à un système qui est mal préparé va amplifier tous vos enjeux existants. L’IA exige des données qui sont propres, structurées, gouvernées, sinon elle va révéler instantanément les incohérences, les doublons et les formats obsolètes. Sans fondations solides, l'IA devient un multiplicateur de problèmes plutôt qu'un accélérateur d'efficacité.
Comment sortir du brouillard ?
La clé ? Une approche structurée qui mène à la réussite du projet.
Commencer par prendre le temps d'analyser votre écosystème complet : ateliers collaboratifs avec toutes les parties prenantes et non pas juste informatique. Ensuite, on cartographie les flux de données réels, on audite les contraintes techniques cachées, et surtout, on définit les vrais objectifs d’affaires avec des indicateurs de succès mesurables.
Le résultat ? Vous passez de «on pense que...» à «on sait que...», avec une feuille de route qui anticipe les obstacles au lieu de les découvrir en cours de route.
Chez Spiria, nos équipes d’analystes d’affaires, de développeurs et de designers ne livrent pas juste un plan, ils se joignent à vous comme partenaires techniques pour cartographier tout votre écosystème, révéler les dépendances invisibles et construire une feuille de route alignée sur vos objectifs d'affaires.
Comprendre vos utilisateurs finaux (UX/UI)
« Nos équipes vont s'adapter » Est-ce si simple ?
C’est le grand piège : tout miser sur la technologie et sur le budget, mais en oubliant ceux qui vont réellement vivre avec la solution, vos utilisateurs. Leurs réalités sont bien différentes, ainsi que leurs attentes.
Un projet qui néglige cette dimension court un risque majeur : livrer un système robuste sur le papier, mais inutilisé en pratique. Et évidemment un outil qui n’est pas adopté, c’est un investissement perdu.
Les 4 piliers de l'adoption utilisateur :
- Dépasser les suppositions
Il existe trop de projets qui partent de ce que les dirigeants pensent que leurs équipes font, plutôt que de ce qu'elles font vraiment. Grosse différence. Les vrais comportements, les vraies frustrations, les vrais contextes d'usage émergent seulement par une observation directe et des entretiens approfondis.
- Concevoir l'architecture comme pensent vos équipes
Vos utilisateurs ne cherchent pas à admirer votre interface, mais à accomplir leurs tâches efficacement. Organiser les fonctionnalités selon leurs objectifs réels va permettre de transformer la navigation en parcours fluide. En effet, ce qui différencie une bonne architecture d'information, c’est qu’elle devienne invisible pour l'utilisateur, c’est à-dire qu’il trouve ce qu'il cherche sans réfléchir.
- Prototypage : Tester avant de construire
Faire tester des prototypes interactifs avec de vrais personnes vient révéler les ajustements nécessaires, avant qu'ils deviennent très coûteux à corriger. Que ce soit un bouton mal placé, un processus trop long ou une terminologie confuse, le prototype va permettre d’éviter des semaines de redéveloppement.
- L'IA au service de l'utilisateur, pas l'inverse
L'intelligence artificielle la plus sophistiquée rate sa mission si elle ne correspond pas aux habitudes et contraintes réelles des utilisateurs. Une approche centrée sur leur flux de travail va garantir que l'IA amplifie l'efficacité plutôt que de créer de nouvelles frustrations.
Comment garantir l'adoption ?
La clé ? En vous plongeant dans la réalité terrain dès le départ, pas à la fin.
Comprendre pourquoi vos utilisateurs prennent tel raccourci, identifier leurs vrais défis, observer dans quel contexte ils travaillent (bureau calme, aire de bureau ouverte bruyante, déplacements constants). Cette compréhension détaillée oriente chaque choix de conception vers l'adoption réelle plutôt que vers des suppositions.
Le résultat ? Une solution avec un meilleur taux d'adoption qui protège votre investissement plutôt que de le gaspiller.
Chez Spiria, durant notre phase d'analyse approfondie (Phase Découverte), nos équipes de design UX/UI plongent dans votre réalité terrain, mènent des entretiens avec vos différents départements, observent les parcours réels et transforment les irritants en critères de conception mesurables.
Les fondations d'un succès durable
Moderniser sur des fondations fragiles, c'est comme bâtir une maison directement sur la terre, sans dalle de béton. Ça tient... jusqu'à la première tempête.
Les entreprises qui investissent dans la préparation sérieuse livrent plus vite et voient leurs équipes adopter naturellement les nouveaux outils.
En 2025, l'IA accélère cette logique. Elle amplifie ce qui existe : des bases solides deviennent un levier puissant, des bases fragiles créent des complications. Cette réalité rend la préparation encore plus importante.
Oui, bien préparer demande plus de temps et d'investissement initial. Mais il faut prendre en compte le coût total : les entreprises qui préparent rigoureusement évitent les refontes de flux de données, les corrections successives et les mois d'ajustements après le lancement. L'investissement de départ se rentabilise rapidement quand vous n'avez pas à tout reconstruire six mois plus tard.
Pendant que vos concurrents corrigent leurs erreurs de planification, vous êtes déjà en train d'optimiser. Cette longueur d'avance, elle se compte en trimestres, et en parts de marché.
La préparation, c’est ce qui transforme l’incertitude en vision claire. C’est le moment où les décisions stratégiques prennent forme, où les risques se maîtrisent, et où chaque dollar investi soutient la réussite à long terme.





