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Doit-on craindre le GAFAM ?

Drôle d’acronyme, alors tout d’abord, précisons ce qu’est le GAFAM… Il s’agit tout simplement des géants de l’informatique et du Web, les “5 Tout-Puissants” : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

Gafam.

Drôle d’acronyme, alors tout d’abord, précisons ce qu’est le GAFAM… Il s’agit tout simplement des géants de l’informatique et du Web, les “5 Tout-Puissants” : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

Le GAFAM est omniprésent et son influence est tentaculaire. De nombreuses questions sont soulevées à son propos, particulièrement à ce qui a trait à la collecte de données. Big Brother n’est plus seulement dans l’univers de la fiction, si |’on en croit Tristan Nitot, auteur du livre Surveillance:// : “Tous nos pas dans le cyberespace sont suivis, enregistrés, analysés, et nos profils se monnaient en permanence. […] La concentration des acteurs et des intérêts commerciaux ont développé une industrie mondiale des traces.”

Les vies entières de la majorité des internautes occidentaux sont enregistrées, analysées, recoupées, de leurs déplacements à leurs échanges, de même que leurs goûts et leurs achats. Ce phénomène étant toujours très nouveau, il est encore difficile de mesurer l’impact de toutes ces données et de leur pérennité sur le Web.

La portée du GAFAM ne se limite d’ailleurs pas strictement à ces cinq noms, mais à toutes les autres entités qui appartiennent à ceux-ci : You Tube, Outlook, Skype, Dropbox, Instagram, Android, Nest…

Les dangers du GAFAM

Voici les principales critiques formulées à l’égard du GAFAM, que ce soit en raison de leur hégémonie ou de leur caractère centralisé et “fermé”. Les enjeux ici dépassent largement le respect de la vie privée.

Frein à l’innovation. Pour les entreprises, livrer concurrence à Google ou à Apple relève du combat de titans. Les entreprises du GAFAM utilisent leur pouvoir de façon très “créative” face à la compétition, par exemple en contrôlant les chaînes d’approvisionnement ou en restreignant les possibilités offertes aux développeurs d’applications mobiles indépendants.

Monétisation. Lorsque nous ne payons pas pour un produit, c’est parce que nous sommes le produit. En 2014, Facebook a engrangé 12,76 USD en revenus publicitaires par utilisateur en moyenne —et ce chiffre devrait atteindre 17,50 USD l’an prochain. À multiplier par 1,7 milliard d’utilisateurs… Il ne s’agit que d’un exemple parmi de nombreux autres.

Subjectivité de l’information. Avec un environnement Web aussi contrôlé et avec le raffinement des techniques de ciblage, il n’est pas étonnant que le contenu qui nous est proposé (que ce soit des articles, des gens à suivre ou même des publicités et/ou suggestions d’achats) devienne de plus en plus personnalisé. Il s’agit d’un avantage à certains points de vue, mais également d’un terrain glissant idéologiquement parlant.

Censure. Qui décide de la libre circulation des images, vidéos, livres et autres ? Certaines entreprises du GAFAM sont reconnues pour refuser de diffuser ou de promouvoir des œuvres comportant de la nudité par exemple, même dans un contexte autre que celui de la pornographie.

Espionnage. Il ne s’agit pas de science-fiction ni de paranoïa. La possibilité de voir ses données espionnées par le gouvernement américain (et ce même sans être américain) est réelle, à cause de programmes tels que PRISM. Ces pratiques, auxquelles se soumet le GAFAM parmi d’autres compagnies, sont justifiées par les autorités comme faisant partie de la lutte antiterroriste.

Stockage des données. Il devient très difficile de prédire ce qui adviendra avec les données lorsque certains de ces services cesseront un jour d’exister, ou encore si quelqu’un souhaite les récupérer. Il semblerait que même les données présumément effacées ne le sont pas nécessairement.

Est-il possible de s’en passer ?

À l’heure où une majorité de gens (et d’entreprises) utilisent les produits et les services de plusieurs de — voire toutes — ces compagnies quotidiennement, il paraît bien illusoire de se retirer du système. Qui accepterait aujourd’hui de laisser tomber son téléphone intelligent, de ne plus utiliser de moteur de recherche, de ne plus visiter de plateformes sociales, de ne plus communiquer par voie électronique, de ne plus rien acheter en ligne ? Même les experts ont du mal à proposer des solutions viables pour la plupart des gens.

Mais pour conclure sur une note plus positive, rappelons-nous qu’autrement qu’une menace, l’écosystème actuel peut également représenter une opportunité ! On peut citer le cas de Framasoft, une association française dont le but est de proposer des alternatives au GAFAM, sous la forme de logiciels, d’applications et même de jeux libres et ouverts. L’organisme a présentement le vent dans les voiles avec sa campagne “Dégooglisons Internet”, supportée par une communauté d’utilisateurs très engagés.

Avis aux irréductibles entreprises intéressées, que ce soit celles qui recherchent des logiciels alternatifs comme celles qui en développent !

 

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Cette entrée a été publiée dans Culture geek
par Karl Delagrange.
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